Différences entre biocarburant et biocombustible

Biocarburants et biocombustibles sont souvent confondus. Pourtant, leurs usages, leurs formes et leurs impacts diffèrent fortement. Voici un guide clair pour comprendre leurs spécificités, notamment autour du biofioul, du biodiesel et du HVO.

Champ de colza pour la production de biocarburants et de biocombustibles.

Quelles différences fondamentales entre biocarburant et biocombustible ?

Biocarburants : une énergie destinée au transport

Les biocarburants regroupent l’ensemble des carburants d’origine biologique utilisés pour alimenter les moteurs : voitures, poids lourds, engins agricoles, bateaux ou encore avions. Ils se distinguent par leur capacité à remplacer ou compléter les carburants fossiles comme l’essence ou le diesel.

On distingue deux familles principales de biocarburants :

  • Bioéthanol : issu de la fermentation de sucres (betterave, maïs, blé), utilisé dans les moteurs essence.

     

  • Biodiesel (EMAG) : produit à partir d’huiles végétales ou animales transformées, utilisé comme substitut partiel ou total du gazole.

     

Les biocarburants ont pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur du transport, l’un des plus polluants d’Europe.

Biocombustibles : destinés au chauffage

Les biocombustibles désignent, de leur côté, les combustibles produits à partir de biomasse et destinés au chauffage domestique ou industriel. Ils incluent :

  • le bois (granulés, bûches, plaquettes)

     

  • les biogaz (méthanisation)

     

  • les combustibles liquides issus de matières premières renouvelables, comme le biofioul F30

     

Leur rôle principal est de remplacer le fioul fossile et le gaz naturel dans les installations de chauffage.

Une différence d’usage plus que de composition

Biocarburant et biocombustible peuvent être issus de processus similaires (culture de plantes, recyclage d’huiles, biomasse), mais ils visent des utilisations très différentes. Le premier alimente des moteurs, le second des chaudières ou des systèmes de combustion fixes.

Le biofioul, le biodiesel et le HVO : trois solutions bio mais des usages distincts

Le biofioul : un biocombustible liquide pour le chauffage

Le biofioul F30 est actuellement la référence française pour remplacer progressivement le fioul domestique fossile. Il est composé principalement de :

  • 70 % de fioul domestique,

     

  • 30 % d’EMAG colza, un biocarburant dérivé d’huiles végétales (souvent du colza français).

     

Cette proportion de 30 % explique le terme F30. Le biofioul a été conçu pour être utilisé dans des chaudières nouvelle génération compatibles, et permet :

  • une baisse significative des émissions de CO₂,

     

  • une réduction importante des émissions de soufre,

     

  • le maintien du confort de chauffage traditionnel.

     

Depuis 2022, toute nouvelle installation de chaudière fonctionnant au fioul doit être compatible biofioul, ce qui accélère son adoption.

Le biodiesel (EMAG) : un biocarburant liquide pour moteurs diesel

Le biodiesel, également appelé EMAG (Esters Méthyliques d’Acides Gras), est produit via la transestérification d’huiles végétales (colza, tournesol, soja) ou animales.

Il peut être utilisé :

  • en mélange jusqu’à 7 % dans le gazole (B7) pour tous les véhicules diesel,

     

  • jusqu’à 30 % dans certaines flottes professionnelles,

     

  • jusqu’à 100 % (B100) dans les moteurs spécifiquement compatibles.

     

Le biodiesel est particulièrement apprécié pour :

  • sa réduction des émissions de CO₂,

     

  • son caractère biodégradable,

     

  • son excellente disponibilité en France grâce à la filière colza.

     

Le HVO : le biocarburant de synthèse nouvelle génération

Le HVO (Hydrotreated Vegetable Oil) est un biocarburant de seconde génération issu d’huiles végétales ou de déchets gras (huiles usagées, résidus agroalimentaires).

Contrairement au biodiesel, il est obtenu par hydrogénation, ce qui lui confère des caractéristiques très proches du gazole :

  • excellente stabilité au froid,

     

  • combustion plus propre,

     

  • performances moteurs améliorées,

     

  • haut niveau de compatibilité (souvent sans modification technique).

     

Le HVO est de plus en plus utilisé dans les :

  • transports routiers,

     

  • véhicules techniques (bus, bennes, camions),

     

  • engins non routiers (tracteurs, machines industrielles).

     

Sa production encore limitée rend son coût plus élevé que celui des autres biocarburants.

Comment choisir entre biocarburant et biocombustible : usages, avantages et limites

Pour le chauffage : le biofioul, un choix pérenne et accessible

Le biofioul s’impose comme la solution la plus simple pour les foyers chauffés au fioul, car il permet :

  • de conserver la même logique de chauffage,

     

  • de réduire l’impact carbone,

     

  • d’utiliser une énergie déjà bien maîtrisée par les professionnels.

     

Seule contrainte : disposer d’une chaudière compatible F30, obligatoire pour toute nouvelle installation.

Pour les particuliers souhaitant une alternative renouvelable au fioul sans passer à une pompe à chaleur, le biofioul constitue aujourd’hui la meilleure option.

Pour les transports : HVO et biodiesel selon les besoins

Le choix entre HVO et biodiesel dépend surtout des usages professionnels :

Biodiesel (B100)

  • économique,

     

  • filière française très développée,

     

  • idéal pour les entreprises agricoles, transporteurs régionaux, collectivités.

     

HVO

  • qualité proche du gazole classique,

     

  • meilleure stabilité,

     

  • performances supérieures,

     

  • compatible avec plus de motorisations.

     

Le HVO s’impose particulièrement dans les environnements où la fiabilité moteur et les faibles émissions sont prioritaires.

Impact environnemental : des filières complémentaires

Bien que les biocarburants et biocombustibles diffèrent par leurs usages, ils partagent un objectif commun : réduire la dépendance aux énergies fossiles.
Ils permettent :

  • de valoriser les cultures énergétiques (colza),

     

  • de recycler des ressources (déchets gras),

     

  • de diminuer les émissions de CO₂,

     

  • de renforcer la souveraineté énergétique.

     

Le biofioul, le biodiesel et le HVO ne s’opposent donc pas : ils répondent chacun à des besoins spécifiques du chauffage et du transport.